Parcours de candidature

  1. Candidature déclarée à l’élection présidentielle

    L’idée globale, "c’est de changer de régime politique et de laisser la possibilité au peuple, comme en Suisse, s’il le souhaite, d’avoir des référendums d’initiative citoyenne, ainsi que des mandats révocatoires, si jamais vous estimez avoir été trompés sur la marchandise. Ce qui a été le cas avec Emmanuel Macron".

    source

Biographie et parcours

Présentation générale

Juan Branco, né le 26 août 1989 à Estepona, en Andalousie, est un avocat, essayiste, militant politique et réalisateur franco-espagnol. Sa trajectoire publique se situe au croisement du droit, de l’engagement politique, de la critique des institutions, de la défense de figures controversées et d’une activité éditoriale particulièrement soutenue.

Formé à Sciences Po, à l’École normale supérieure et dans plusieurs universités parisiennes, docteur en droit depuis 2014, il s’est d’abord fait connaître par son opposition à la loi Hadopi, puis par son travail aux côtés de WikiLeaks et de Julian Assange. Il est devenu avocat en 2017 et a défendu, au cours de sa carrière, des personnalités politiques, des militants des Gilets jaunes, des personnes poursuivies dans des affaires très médiatisées ainsi que des acteurs institutionnels ou économiques.

Son nom s’est également imposé dans le débat public à travers ses ouvrages, en particulier Crépuscule, publié en 2019. Ce pamphlet, consacré à l’ascension d’Emmanuel Macron et aux réseaux de pouvoir qui l’auraient favorisée, a rencontré un important succès commercial et médiatique. Juan Branco y développe une critique radicale de la concentration du pouvoir économique, politique et médiatique, qu’il présente comme une dépossession démocratique.

Sa personnalité, son style offensif, ses prises de position et sa manière d’intervenir dans l’espace public suscitent cependant des appréciations très contrastées. Ses partisans voient en lui un juriste engagé contre les puissances établies et un défenseur des libertés publiques. Ses détracteurs lui reprochent une rhétorique jugée outrancière, une tendance à la personnalisation des conflits, des interprétations parfois contestées et une forte propension à mettre en scène son propre rôle.

En décembre 2025, il annonce son intention d’être candidat à l’élection présidentielle française de 2027.


Origines familiales et jeunesse

Juan Branco naît en Espagne dans une famille liée au monde culturel européen. Son père, Paulo Branco, est un producteur de cinéma portugais reconnu, tandis que sa mère, Dolores López, est une psychanalyste espagnole. Il grandit d’abord en Andalousie, puis à Paris, principalement dans les 5e et 6e arrondissements. Il a deux sœurs et un frère.

Son enfance se déroule dans un environnement privilégié, au cœur du quartier de Saint-Germain-des-Prés. La famille fréquente des artistes et des personnalités du cinéma, parmi lesquels Catherine Deneuve et le réalisateur Raoul Ruiz. Cet univers culturel contribue à nourrir très tôt son intérêt pour la création cinématographique, la littérature et la vie intellectuelle.

Juan Branco est naturalisé français le 31 mars 2010. Il conserve ainsi un ancrage franco-espagnol qui marque son parcours personnel et professionnel.

Après une scolarité dans des établissements publics proches de la Sorbonne, il rejoint l’École alsacienne, établissement privé réputé du 6e arrondissement de Paris. C’est dans ce cadre qu’il rencontre notamment Gabriel Attal. Les deux hommes entretiendront par la suite une relation conflictuelle, nourrie par des oppositions anciennes et par les critiques répétées de Juan Branco à l’égard du futur Premier ministre.

Durant sa scolarité, Juan Branco participe à la création d’un blog attribuant des notes au physique de lycéennes. L’initiative provoque des plaintes auprès de la direction de l’établissement, notamment de la part de Gabriel Attal. Cet épisode, souvent rappelé dans les portraits consacrés aux deux hommes, est présenté comme l’un des points de départ de leur inimitié durable.


Une formation universitaire particulièrement dense

En 2007, Juan Branco intègre Sciences Po Paris. Il y relance le ciné-club et se rapproche du directeur de l’établissement, Richard Descoings, qui lui confie différentes missions. Plus tard, Branco présentera cette proximité avec la direction comme l’une des expériences ayant nourri sa réflexion sur les mécanismes d’intégration et de cooptation des élites.

Son parcours universitaire est marqué par l’accumulation de diplômes dans plusieurs disciplines. Il obtient en 2011 une maîtrise de littérature moderne à l’université Paris-IV. En 2012, il valide un master de philosophie politique, un master de géopolitique à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ainsi qu’un master d’affaires publiques à Sciences Po.

Parallèlement, il entre en 2009 à l’École normale supérieure par la voie universitaire, au département Littérature et Langages. Il y suit le cursus étudiant et en sort diplômé en 2013. Certaines présentations de son parcours ont donné lieu à des discussions sur la manière dont il décrivait ses fonctions au sein de l’établissement, notamment lorsqu’il évoquait une activité de chargé de séminaire. Des journalistes ont estimé que cette formulation pouvait donner une image plus prestigieuse d’une activité en réalité intégrée au cursus normal des élèves.

Juan Branco s’oriente ensuite vers le droit international pénal. Il prépare une thèse intitulée De l’affaire Katanga au contrat social global : un regard sur la Cour pénale internationale, sous la direction de l’historien du droit Jean-Louis Halpérin. Soutenue en 2014 à l’École normale supérieure, cette thèse lui confère le titre de docteur en droit.

Ses travaux sont récompensés en 2015 par un prix de thèse de l’Institut universitaire Varenne, dans la catégorie consacrée à la justice pénale internationale. Ils sont ensuite publiés par LGDJ. Cette recherche constitue le socle intellectuel de plusieurs de ses futurs ouvrages et de ses prises de position sur la Cour pénale internationale, la souveraineté des États et l’ordre juridique mondial.

En 2017, il accède à la profession d’avocat par équivalence et prête serment au barreau de Paris.


Premières expériences de recherche et d’enseignement

Avant de se consacrer pleinement à la profession d’avocat et à ses activités politiques et éditoriales, Juan Branco commence une carrière d’enseignant-chercheur en droit.

À partir de 2013, il travaille brièvement à l’université Yale, aux États-Unis. Il poursuit ensuite des activités de recherche à l’Institut Max-Planck au Luxembourg, en 2015 et 2016, ainsi qu’à l’université de Rome « La Sapienza ».

Cette première période universitaire reste relativement courte. Elle lui permet néanmoins de consolider une expertise sur le droit pénal international, les institutions judiciaires internationales et les rapports entre droit, souveraineté et politique.


Engagement contre Hadopi et réflexion sur la culture numérique

Juan Branco se fait connaître dès la fin des années 2000 pour son opposition à la loi Hadopi, destinée à lutter contre le téléchargement illégal et à protéger les œuvres culturelles sur internet.

Aux côtés de La Quadrature du Net, il participe à la mobilisation contre ce projet. Il crée la plateforme « Création, Public, Internet » et rédige, en avril 2009, une lettre ouverte critiquant la loi. Le texte est signé par plusieurs personnalités du cinéma et de la culture, dont son père Paulo Branco, Catherine Deneuve, Chantal Akerman et Christophe Honoré.

Pour Juan Branco, la réponse aux transformations provoquées par internet ne doit pas reposer principalement sur la pénalisation des échanges culturels. Il défend au contraire la dépénalisation des échanges non commerciaux entre particuliers et la création de nouveaux mécanismes de financement de la création.

Son ouvrage Réponses à Hadopi, publié en 2011 et accompagné d’un entretien avec Jean-Luc Godard, prolonge cette réflexion. Il y propose une réforme du système économique et juridique du cinéma et des industries culturelles.

Cet engagement le conduit à rejoindre le pôle « culture, audiovisuel et médias » de la campagne présidentielle de François Hollande en 2012, dirigé par Aurélie Filippetti. Il défend alors l’abrogation de la loi Hadopi et une réforme plus large de l’exception culturelle française.

Son départ de cette équipe après l’élection de François Hollande fait l’objet de versions divergentes. Juan Branco affirme avoir été écarté sous la pression de certains représentants des industries culturelles opposés à ses propositions. Aurélie Filippetti soutient pour sa part que la rupture aurait été provoquée par son refus de nommer Branco directeur de cabinet.


De Dominique de Villepin aux écologistes

Le parcours politique de Juan Branco débute dans des milieux assez différents de ceux auxquels il sera ensuite associé.

À la fin des années 2000, il est réputé proche de Dominique de Villepin. Il crée le cercle de réflexion Jeune République, identifié comme proche de l’ancien Premier ministre. Cette proximité ne l’empêche pas de s’engager également chez les Jeunes Verts, dont il dirige la section d’Île-de-France.

Il figure sur une liste écologiste lors des élections municipales de 2008 à Paris et se mobilise notamment contre la politique migratoire européenne et contre la « directive retour ».

Juan Branco résumera plus tard cette période en expliquant avoir conservé une certaine cohérence idéologique tout en ayant longtemps cherché la meilleure manière de défendre ses convictions. Son parcours politique traverse ainsi plusieurs organisations, sans qu’il s’installe durablement dans l’appareil d’un parti.


WikiLeaks, Julian Assange et le renseignement américain

Entre juin 2012 et août 2013, Juan Branco travaille comme collaborateur extérieur auprès du ministère français des Affaires étrangères.

Dans le même temps, après une première collaboration bénévole, il intègre l’équipe de défense de WikiLeaks et de Julian Assange, dirigée par le juge espagnol Baltasar Garzón. Cette activité contribue fortement à sa notoriété internationale.

En tant que conseiller juridique, il représente publiquement WikiLeaks, notamment lors des révélations concernant les activités d’espionnage de la National Security Agency américaine. Il participe également à des démarches diplomatiques destinées à obtenir un droit d’asile pour Julian Assange en France. L’Élysée refuse finalement d’accéder à cette demande.

Juan Branco est alors décrit comme l’un des juristes travaillant dans l’ombre d’Assange. Il intervient dans les procédures auprès des Nations unies et dans les relations de WikiLeaks avec plusieurs États.

Des documents révélés ultérieurement montrent que les visiteurs de Julian Assange à l’ambassade d’Équateur à Londres ont fait l’objet d’une surveillance. Juan Branco affirme avoir lui-même été espionné par la CIA dans ce cadre. Après la révélation de ces opérations en 2019, il dépose une plainte contre X.

Il consacrera plus tard un ouvrage à Julian Assange, Assange, l’antisouverain, publié en 2020.


Entrée dans la profession d’avocat

Juan Branco prête serment en avril 2017.

Quelques mois auparavant, alors qu’il n’était pas encore avocat, il avait proposé ses services à Salah Abdeslam après le retrait des précédents défenseurs de celui-ci. Salah Abdeslam, seul membre encore vivant des commandos ayant participé aux attentats du 13 novembre 2015, ne donne pas suite.

Cette offre provoque des critiques dans le milieu judiciaire. Il est notamment reproché à Branco d’avoir proposé publiquement ses services avant son entrée officielle dans la profession et d’avoir critiqué les méthodes des avocats précédents pour soutenir sa démarche.

Au cours de ses premières années d’exercice, il prend en charge des dossiers très médiatisés. Il représente notamment Jean-Luc Mélenchon dans une affaire liée à des menaces terroristes, son père Paulo Branco dans un conflit financier avec le réalisateur Terry Gilliam, ainsi que plusieurs figures du mouvement des Gilets jaunes.

Parmi ses clients figurent notamment Maxime Nicolle, Christophe Dettinger et Stéphane Espic. Il intervient aussi dans la défense de l’influenceur « Marvel Fitness », de l’un des prévenus de l’affaire Mila, de Damien Tarel — condamné pour avoir giflé Emmanuel Macron — et de la Liga espagnole dans un litige l’opposant au Paris Saint-Germain.

Cette activité illustre une caractéristique récurrente de sa carrière : son choix de dossiers à forte dimension politique, médiatique ou symbolique.


Mission en République centrafricaine

En mai 2018, Juan Branco est recruté par les Nations unies comme expert indépendant en République centrafricaine. Avec deux autres spécialistes, il est chargé de contribuer à l’élaboration de la stratégie de poursuites du procureur de la Cour pénale spéciale centrafricaine.

Peu après son arrivée, alors qu’il est soumis à une clause de confidentialité, il accuse publiquement sur Twitter les forces de la MINUSCA d’être responsables d’un massacre à Bangui.

Moins d’une semaine plus tard, il est expulsé du pays. Juan Branco affirme que cette décision témoigne d’une culture de l’impunité au sein de l’institution. L’épisode illustre déjà la tension entre ses responsabilités professionnelles, le devoir de confidentialité et sa volonté d’intervenir publiquement.


Saisine de la Cour pénale internationale sur la politique migratoire européenne

En juin 2019, Juan Branco et l’avocat Omer Shatz adressent une communication à la Cour pénale internationale concernant la politique migratoire de l’Union européenne.

Le document accuse plusieurs dirigeants européens d’avoir contribué à des crimes contre l’humanité commis contre des migrants en Méditerranée et en Libye entre 2014 et 2019. Les auteurs soutiennent que les politiques européennes auraient participé à une attaque systématique contre des populations civiles.

La communication repose sur l’analyse de décisions, de déclarations officielles et de rapports déjà publics, plutôt que sur une enquête de terrain ou sur la révélation de nouvelles preuves.

Le ministère français des Affaires étrangères conteste fortement cette démarche et considère que les accusations formulées sont dépourvues de fondement juridique.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des travaux universitaires de Juan Branco sur la Cour pénale internationale, tout en révélant sa volonté d’utiliser le droit pénal international comme instrument de mise en cause des politiques publiques européennes.


Candidature aux élections législatives de 2017

À l’approche de l’élection présidentielle de 2017, Juan Branco se rapproche de La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon se montre notamment sensible à son engagement en faveur de Julian Assange.

Juan Branco se présente aux élections législatives de juin 2017 dans la douzième circonscription de la Seine-Saint-Denis sous l’étiquette de La France insoumise.

Il obtient 13,9 % des suffrages exprimés et 5,5 % des inscrits, terminant en quatrième position. Il est devancé par Jordan Bardella, Ludovic Toro et Stéphane Testé. Ce dernier, candidat de La République en marche, remporte finalement le siège.

Cette campagne constitue la première candidature électorale nationale de Juan Branco. Elle reste cependant sans lendemain immédiat et ne débouche pas sur une implantation locale durable.


Opposition à Emmanuel Macron

Dès 2016, Juan Branco affirme que l’élection d’Emmanuel Macron pourrait préparer, à terme, l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen. Entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017, il défend le vote blanc.

En juillet 2017, il évoque publiquement une « tentation autoritaire » du nouveau pouvoir. Il estime que les conditions de l’ascension d’Emmanuel Macron pourraient conduire à une rupture politique et à une augmentation de la violence dans le pays.

Cette opposition devient rapidement le cœur de son identité publique. Branco ne présente pas seulement Emmanuel Macron comme un adversaire politique, mais comme le produit d’un système de pouvoir fondé sur les réseaux économiques, administratifs, médiatiques et sociaux.

Après avoir été un temps l’avocat de Jean-Luc Mélenchon, il cesse de le représenter en octobre 2018. Les raisons précises de cette rupture ne sont pas rendues publiques.


Crépuscule et la dénonciation de la « Macronie »

C’est dans ce contexte que Juan Branco publie d’abord sur son blog, hébergé par Le Monde, un long texte intitulé Crépuscule.

L’ouvrage retrace de manière extrêmement critique l’ascension d’Emmanuel Macron. Juan Branco y décrit les relations personnelles, économiques et médiatiques qui auraient facilité son arrivée au pouvoir. Il présente la « Macronie » comme le résultat d’une captation de la démocratie par une oligarchie.

Le texte est d’abord diffusé gratuitement et téléchargé environ 100 000 fois. En mars 2019, il est publié par les éditions Au diable vauvert. Il rencontre un important succès, avec environ 150 000 exemplaires vendus, et bénéficie d’une couverture médiatique en France comme à l’étranger.

Le livre installe durablement Juan Branco dans le paysage politique et intellectuel français. Il devient l’une des figures les plus visibles de l’opposition radicale à Emmanuel Macron.

Cette réussite s’accompagne de nombreuses critiques. Certains observateurs dénoncent une approche complotiste, une personnalisation excessive des mécanismes de pouvoir et une rhétorique proche du populisme. D’autres considèrent que l’ouvrage met en évidence des réalités sociales et relationnelles souvent minimisées dans le récit officiel de l’élection de 2017.

La députée Aurore Bergé signale le texte au parquet, estimant qu’il pourrait contribuer à légitimer la violence politique. Juan Branco récuse toute faute et revendique pleinement ses écrits. WikiLeaks prend alors publiquement sa défense.


Engagement auprès des Gilets jaunes

Juan Branco soutient dès ses débuts le mouvement des Gilets jaunes.

Il intervient comme avocat de plusieurs figures du mouvement et appelle à la destitution d’Emmanuel Macron. Son engagement ne fait toutefois pas l’unanimité parmi les manifestants. Certains lui reprochent son appartenance à un milieu privilégié et sa proximité passée avec les institutions qu’il critique désormais.

Le 5 janvier 2019, il est présent à proximité des événements durant lesquels un engin de chantier force l’entrée du bâtiment abritant le porte-parolat du gouvernement de Benjamin Griveaux.

Dans un entretien accordé à L’Express en février 2019, il résume son jugement sur le pouvoir macroniste par une formule devenue célèbre : selon lui, ses représentants ne seraient pas simplement corrompus, mais incarneraient eux-mêmes la corruption du système.

Lors des élections européennes de 2019, il appelle à l’abstention, position qui suscite notamment la désapprobation de Jean-Luc Mélenchon.


Une image politique difficile à classer

Juan Branco se définit lui-même comme « révolutionnaire ».

Dans les médias, il est généralement situé très à gauche ou à l’extrême gauche, même si son parcours, ses références et ses alliances successives ne correspondent pas toujours aux catégories partisanes traditionnelles.

Sa pensée associe une critique radicale de l’oligarchie, une dénonciation de la concentration des pouvoirs, une défense des libertés publiques, une méfiance envers les institutions représentatives et un appel à une transformation profonde de l’ordre politique.

Ses adversaires dénoncent un mélange de populisme, de ressentiment personnel et de complotisme. Ses soutiens soulignent au contraire sa capacité à révéler les mécanismes sociaux et les réseaux d’influence qui structurent le pouvoir.

Cette ambiguïté est au cœur de son image publique : Juan Branco est à la fois issu des élites scolaires et culturelles françaises et l’un de leurs critiques les plus virulents.


Arrestation au Sénégal

En 2023, Juan Branco devient l’un des avocats d’Ousmane Sonko, figure majeure de l’opposition sénégalaise.

En juin, il annonce vouloir saisir la Cour pénale internationale contre le président Macky Sall, qu’il accuse de crimes contre l’humanité à la suite de la répression des manifestations liées à l’arrestation d’Ousmane Sonko.

Il révèle également les noms de deux ressortissants français qui auraient, selon lui, participé à cette répression. Le ministère français des Affaires étrangères dépose une plainte, estimant que cette divulgation pourrait mettre les intéressés en danger. La plainte est ensuite classée sans suite.

La justice sénégalaise lance un mandat d’arrêt international contre Juan Branco. Malgré cette procédure, il entre clandestinement au Sénégal et apparaît lors d’une conférence de presse le 30 juillet 2023.

Le 5 août, alors qu’il tente de rejoindre la Mauritanie en pirogue et se présente comme un pêcheur, il est arrêté à la frontière. Interpellé du côté mauritanien, il est remis le jour même aux autorités sénégalaises.

À Dakar, il est incarcéré à la prison de Rebeuss et inculpé pour plusieurs infractions graves, parmi lesquelles attentat, complot, diffusion de fausses nouvelles, actes de nature à compromettre la sécurité publique, séjour irrégulier et outrage à magistrat.

Ses avocats contestent la solidité juridique de ces accusations. Juan Branco est libéré dès le 7 août et regagne la France.

Il affirme par la suite avoir été enlevé en Mauritanie par des hommes cagoulés dépourvus de signes distinctifs. Une enquête judiciaire est ouverte en Espagne en mars 2024, à l’initiative du groupe parlementaire Sumar. Juan Branco dépose également une plainte contre un responsable de la police sénégalaise qu’il accuse d’avoir organisé son arrestation.


Carrière cinématographique

Le cinéma constitue un autre versant de la trajectoire de Juan Branco.

Actif dans ce domaine depuis l’adolescence, il réalise plusieurs courts-métrages : Ivresses en 2007, Toi + Moi en 2010 et Dans l’antre du loup en 2017.

Il participe également au développement du film L’Enfant de Marguerite de Hillerin et Félix Dutilloy-Liégeois, sorti en 2022.

En 2025, il présente son premier long-métrage de fiction, Le Massacre de Gilles de Rais, également intitulé O Massacre de Gilles de Rais. Le film est sélectionné dans plusieurs festivals internationaux, notamment à São Paulo, à Pingyao et au LEFFEST.

Cette activité prolonge l’environnement artistique dans lequel il a grandi et témoigne d’une volonté de ne pas limiter son expression publique au droit et à la politique.


Affaire Benjamin Griveaux

En février 2020, Juan Branco est consulté comme avocat par l’activiste russe Piotr Pavlenski.

Celui-ci diffuse des vidéos intimes attribuées à Benjamin Griveaux, alors candidat à la mairie de Paris. La publication de ces images entraîne le retrait de Griveaux de la campagne.

Plusieurs médias s’interrogent alors sur le rôle exact de Juan Branco. Certains avancent qu’il aurait été informé de la préparation de la diffusion, voire qu’il aurait participé à une réflexion sur sa mise en ligne. Juan Branco nie avoir joué un rôle dépassant celui d’un avocat consulté par Pavlenski.

Le bâtonnier de Paris ouvre une enquête déontologique et recommande à Juan Branco de se retirer du dossier, considérant que ses déclarations publiques risquent d’altérer l’indépendance nécessaire entre l’avocat et son client.

Branco choisit néanmoins de poursuivre la défense de Pavlenski aux côtés de Yassine Bouzrou. Il demande également une expertise psychiatrique de Benjamin Griveaux.

Un blâme lui est infligé en 2021 par le conseil de discipline du barreau de Paris, mais cette sanction est annulée par la cour d’appel de Paris en juin 2023.

L’affaire donne également lieu à un entretien très conflictuel avec la journaliste Apolline de Malherbe. Saisi par plusieurs personnes, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation estime que l’entretien témoigne d’une partialité excessive à l’égard de Juan Branco et que certaines accusations formulées à son encontre ne respectent pas suffisamment les règles déontologiques.


Controverse autour de Gabriel Attal

En octobre 2018, Juan Branco critique la nomination de Gabriel Attal comme secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale.

Il révèle publiquement que Gabriel Attal est lié par un pacte civil de solidarité à Stéphane Séjourné, alors conseiller à la présidence de la République. Branco évoque une « promotion canapé » et dénonce un cas de népotisme.

Ses propos sont largement interprétés comme un outing, c’est-à-dire comme la révélation publique non consentie de l’orientation sexuelle d’une personne.

Juan Branco affirme que son intention n’était pas de faire de l’homosexualité de Gabriel Attal un sujet politique, mais de dénoncer l’influence supposée de Stéphane Séjourné dans son ascension.

La polémique est d’autant plus forte que les deux hommes se connaissent depuis leur scolarité à l’École alsacienne. Plusieurs observateurs soulignent également la place importante accordée à Gabriel Attal dans Crépuscule.


Accusations visant François Ruffin

En novembre 2019, Juan Branco remet en circulation un enregistrement datant de 2016 entre François Ruffin et Emmanuel Macron.

La conversation porte sur les difficultés économiques de l’entreprise Ecopla. Branco présente l’enregistrement comme la preuve d’une mise en scène de leur opposition et d’une manipulation politique.

François Ruffin rejette cette interprétation. Plusieurs médias rappellent que les salariés de l’entreprise étaient présents au moment de l’échange et considèrent que Juan Branco décontextualise la conversation.

Cette controverse contribue à dégrader ses relations avec une partie de La France insoumise et alimente les critiques sur sa tendance à interpréter certains événements à travers le prisme d’arrangements cachés entre responsables politiques.


Rapports controversés avec Wikipédia

Juan Branco est également accusé d’être intervenu à de nombreuses reprises sur Wikipédia sous différentes identités.

Des journalistes lui reprochent d’avoir cherché à améliorer sa propre biographie, à supprimer certaines informations défavorables et à modifier les pages de personnalités avec lesquelles il entretenait des conflits.

Il lui est notamment reproché d’avoir tenté de corriger des éléments relatifs à son admission à l’École normale supérieure ou à certaines démarches professionnelles qui n’avaient pas abouti.

Il aurait aussi modifié les biographies de hauts fonctionnaires, de responsables politiques, d’hommes d’affaires et d’anciens élèves de l’ENS dans un sens défavorable.

En 2019, il est accusé de s’être présenté à tort comme un administrateur de Wikipédia dans un courriel adressé à l’employeur d’une contributrice avec laquelle il était en conflit.

Ces accusations renforcent l’image d’une personnalité utilisant intensément les outils numériques pour intervenir sur sa propre représentation publique et sur celle de ses adversaires.


Conflit avec une ancienne collaboratrice et procédure contre Anticor

En 2023, une ancienne employée du cabinet de Juan Branco engage des procédures contre lui pour maltraitance au travail, licenciement abusif et harcèlement moral.

Juan Branco avait de son côté déposé une plainte pour chantage, finalement classée sans suite. Il conteste les accusations de son ancienne collaboratrice et affirme que d’autres personnes présentes au cabinet durant la même période peuvent attester de conditions de travail normales.

Parallèlement, il participe à une procédure visant à faire annuler l’agrément accordé à l’association anticorruption Anticor.

Certains observateurs s’interrogent sur ses motivations, la présidente de l’association, Élise Van Beneden, étant également l’avocate de son ancienne collaboratrice. Juan Branco conteste toute lecture purement personnelle de cette démarche.


Accusations de violences sexuelles et procédures en cours

En novembre 2021, Juan Branco est mis en examen pour viol.

La plaignante affirme qu’il aurait abusé d’elle après la consommation d’un médicament opiacé au cours d’une soirée. Juan Branco conteste cette version et soutient que la relation était consentie.

En juin 2023, il est mis en examen dans deux autres affaires. En décembre 2024, une enquête de Libération rapporte les témoignages de quatre femmes l’accusant de violences sexuelles commises entre 2017 et 2021.

En avril 2025, le média Off Investigation indique que l’une des procédures pourrait s’orienter vers un non-lieu.

Ces affaires sont encore présentées comme judiciairement en cours dans la source utilisée pour cette biographie. Aucune culpabilité définitive ne peut donc être affirmée en l’absence de condamnation devenue définitive. Juan Branco bénéficie, comme toute personne mise en cause, de la présomption d’innocence.


Sanction disciplinaire du barreau de Paris

En avril 2024, Juan Branco est convoqué devant les instances disciplinaires de l’Ordre des avocats de Paris.

Il lui est reproché d’avoir publié sur internet des éléments couverts par le secret de l’instruction, issus des procédures dans lesquelles il était lui-même mis en cause pour agressions sexuelles et viols.

En octobre 2024, le conseil de discipline prononce une suspension d’activité de trois ans, dont neuf mois ferme.

La décision est confirmée en appel en octobre 2025. La sanction porte sur la violation du secret de l’instruction et ne constitue pas un jugement sur le fond des accusations sexuelles.


Une œuvre abondante

Juan Branco mène parallèlement une importante activité d’essayiste.

Ses premières publications sont consacrées au droit d’auteur, à la Cour pénale internationale et aux institutions juridiques mondiales. Avec le temps, son œuvre prend une dimension plus directement politique, polémique et personnelle.

Parmi ses principaux ouvrages figurent :

  • Réponses à Hadopi, suivi d’un entretien avec Jean-Luc Godard, publié en 2011 ;
  • De l’affaire Katanga au contrat social global : un regard sur la Cour pénale internationale, publié en 2015 ;
  • L’Ordre et le Monde : critique de la Cour pénale internationale, en 2016 ;
  • D’après une image de Daesh, en 2017 ;
  • Contre Macron, en 2019 ;
  • Crépuscule, en 2019 ;
  • Assange, l’antisouverain, en 2020 ;
  • La République ne vous appartient pas : Discours à Polytechnique, en 2020 ;
  • Abattre l’ennemi, en 2021 ;
  • Treize pillards, en 2022 ;
  • Luttes, en 2022 ;
  • Coup d’État, en 2023 ;
  • Hanouna, en 2023 ;
  • Paroles, en 2024 ;
  • Comment fabriquer une guillotine, en 2024.

À travers ces livres, Juan Branco développe une critique constante des institutions contemporaines, de la concentration du pouvoir, des élites politiques et économiques, ainsi que des mécanismes de dépossession démocratique.

Son écriture est volontairement offensive, souvent pamphlétaire. Elle mêle analyse juridique, récit personnel, dénonciation politique et mise en cause nominative de responsables publics ou privés.


Projet présidentiel pour 2027

En décembre 2025, Juan Branco annonce son intention de se présenter à l’élection présidentielle française de 2027.

Cette annonce constitue la suite logique de son engagement politique, mais marque aussi un changement de positionnement. Jusqu’alors, Juan Branco intervenait principalement comme essayiste, avocat, opposant et candidat ponctuel aux élections législatives.

Une candidature présidentielle l’oblige à dépasser le registre de la dénonciation pour proposer un projet de gouvernement, une organisation politique, un financement de campagne et une stratégie de collecte des cinq cents parrainages nécessaires.

Son mouvement, Les Ruches, est associé à cette démarche. La candidature entend se construire autour d’une critique du pouvoir oligarchique, d’une transformation des institutions et d’un appel à une réappropriation populaire de la souveraineté.

À ce stade, la portée électorale de cette candidature reste incertaine. Elle dépend notamment de sa capacité à structurer un réseau militant, à réunir les parrainages requis et à transformer une forte notoriété numérique et éditoriale en soutien électoral.


Une trajectoire entre institutions et rupture

Le parcours de Juan Branco est marqué par une contradiction centrale.

Il est issu d’un milieu culturel favorisé, a fréquenté certaines des institutions les plus prestigieuses de l’enseignement supérieur français et a travaillé au sein d’organisations nationales et internationales. Dans le même temps, il s’est construit comme l’un des critiques les plus radicaux des élites, des réseaux de pouvoir et des institutions auxquelles il a lui-même eu accès.

Cette tension alimente à la fois sa force politique et les critiques dont il fait l’objet.

Pour ses soutiens, sa connaissance intime des institutions lui permet d’en révéler les mécanismes cachés. Pour ses détracteurs, elle rend plus difficile son positionnement comme porte-parole des exclus du système.

Juan Branco demeure ainsi une figure profondément clivante. Juriste reconnu pour la densité de sa formation, avocat engagé dans des dossiers sensibles, essayiste à succès, militant révolutionnaire autoproclamé et réalisateur, il a construit une présence publique singulière.

Son parcours ne peut être réduit ni à celui d’un simple opposant à Emmanuel Macron, ni à celui d’un avocat médiatique. Il articule depuis près de vingt ans une réflexion sur le droit, la souveraineté, la culture, les institutions et la concentration du pouvoir.

L’élection présidentielle de 2027 doit permettre de mesurer s’il peut transformer cette critique radicale en une offre politique structurée et en une dynamique électorale durable.


Filmographie

Réalisateur

Courts-métrages
  • 2007 : Ivresses
  • 2010 : Toi + Moi
  • 2017 : Dans l’antre du loup
Long-métrage
  • 2025 : Le Massacre de Gilles de Rais (O Massacre de Gilles de Rais)

Autres participations

  • 2019 : Le Grand Procès de Macron, de Jonathan Duong — lui-même
  • 2022 : L’Enfant, de Marguerite de Hillerin et Félix Dutilloy-Liégeois — apparition non créditée

Bibliographie sélective

  • Réponses à Hadopi, Capricci, 2011
  • De l’affaire Katanga au contrat social global, Institut universitaire Varenne, 2015
  • L’Ordre et le Monde, Fayard, 2016
  • D’après une image de Daesh, Éditions Lignes, 2017
  • Contre Macron, Éditions Divergences, 2019
  • Crépuscule, Au diable vauvert, 2019
  • Assange, l’antisouverain, Éditions du Cerf, 2020
  • La République ne vous appartient pas, Au diable vauvert, 2020
  • Abattre l’ennemi, Michel Lafon, 2021
  • Treize pillards, Au diable vauvert, 2022
  • Luttes, Michel Lafon, 2022
  • Coup d’État, Au diable vauvert, 2023
  • Hanouna, Au diable vauvert, 2023
  • Paroles, Au diable vauvert, 2024
  • Comment fabriquer une guillotine, Au diable vauvert, 2024

Positionnement général

"Ruches Françaises"

Principaux soutiens

Aucun soutien principal n’est encore documenté.

Meetings

Aucun meeting analysé pour le moment.

Scores par thème

Aucun score publié sans justification vérifiée.